Plan Climat Air Energie en Terre de Camargue : le territoire se mobilise pour renforcer sa capacité d’adaptation face au changement climatique
10 Juil 2026
Jeudi 9 juillet, la Communauté de communes Terre de Camargue a réuni élus, experts, partenaires institutionnels et acteurs socioéconomiques à l’occasion de son 3e comité de suivi du Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET). Cette année, la rencontre mettait un focus sur l’adaptation du territoire face aux risques naturels d’inondation et aux risques littoraux (submersion marine et érosion côtière).
Alors que les impacts du changement climatique se font déjà ressentir sur le littoral camarguais (montée du niveau de la mer, inondations, submersions marines, évolution des milieux naturels), cette journée d’échanges a mis en lumière les réponses déjà engagées et les stratégies collectives à construire pour préparer l’avenir.
En préambule, Thierry Féline, Président de Terre de Camargue, et Philippe Brousses, Vice-président délégué aux politiques environnementales et au développement durable, ont rappelé la nécessité d’une mobilisation collective face aux défis climatiques. « Notre responsabilité est de transmettre une véritable culture du risque, sans céder à la dramatisation », a souligné Thierry Féline. Une réflexion de long terme qui pose une question centrale : quel territoire souhaitons-nous transmettre aux générations futures ?
Le PCAET en Terre de Camargue : point d’étape
En deux ans le Plan climat a mobilisé le territoire autour du changement climatique. Marion Eyssette, Cheffe de projet transition écologique rappelle les étapes de la construction du programme et la méthodologie mise en œuvre pour atteindre l’objectif de Terre de Camargue : diviser par deux les consommations d’énergie et multiplier par six la production d’énergies renouvelables pour atteindre un point d’équilibre d’ici 2050.
L’année dernière, le PCAET a accompagné et/ou initié une trentaine de projets sur l’ensemble du territoire. Désormais, l’adaptation au changement climatique irrigue l’ensemble des politiques publiques locales, de l’aménagement aux mobilités en passant par le tourisme, avec un objectif commun : renforcer la résilience du territoire.
Quatre regards complémentaires sur l’adaptation face aux risques naturels d’inondation, de submersion marine et d’érosion côtière
La matinée s’est poursuivie avec une table ronde réunissant quatre acteurs majeurs de la gestion des risques : les Établissements Publics Territoriaux de Bassin (EPTB) Vistre Vistrenque et Vidourle, le Syndicat Mixte Interrégional d’Aménagement des digues du Delta du Rhône et de la Mer (SYMADREM) ainsi que l’Entente du Golfe d’Aigues-Mortes (GAM).

Chacun a présenté les actions engagées pour répondre à des phénomènes de plus en plus complexes : inondations, entretien des ouvrages hydrauliques, érosion du trait de côte, submersion marine ou encore salinisation des terres.
- L’EPTB Vistre Vistrenque a détaillé le Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI 3), qui marque une évolution importante des politiques de prévention. Au-delà des seuls ouvrages de protection, cette nouvelle génération de PAPI mise sur une stratégie globale intégrant la réduction de la vulnérabilité, la sensibilisation des habitants, la préparation à la gestion de crise et le développement d’une véritable culture du risque.
- L’EPTB Vidourle a expliqué comment la gestion de l’eau et des risques s’organise à l’échelle du bassin versant au travers de la compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations). Les intervenants sont revenus sur l’adaptation des ouvrages hydrauliques aux nouvelles réalités climatiques, qu’il s’agisse des épisodes méditerranéens plus intenses, des sécheresses ou encore des phénomènes de salinisation et d’ensablement qui modifient progressivement le fonctionnement du territoire.
- Le SYMADREM a apporté un éclairage sur les enjeux spécifiques du littoral camarguais et de la vallée du Rhône. À travers ses travaux, il montre comment les collectivités préparent l’avenir en s’appuyant sur plusieurs scénarios d’évolution, afin d’aider les décideurs à arbitrer entre protection des personnes et des biens, préservation des espaces naturels et adaptation progressive du littoral.
- Enfin, l’Entente du Golfe d’Aigues-Mortes a présenté une gouvernance originale, fondée sur la coopération volontaire entre intercommunalités. Cette structure, unique en France, pilote l’élaboration de la stratégie intégrée de gestion de la bande côtière et des lagunes, développe un observatoire du territoire et accompagne les collectivités dans la construction d’une vision commune de l’adaptation, en associant également les habitants aux réflexions.
Toutes ces prises de parole ont démontré que l’adaptation ne repose pas uniquement sur des digues ou des infrastructures. Elle passe aussi par la connaissance scientifique, la coopération entre collectivités, la sensibilisation des habitants et la capacité à anticiper les évolutions du territoire sur plusieurs décennies
Le rôle de la Région Occitanie et ses outils
La dernière intervention de la matinée a rappellé le rôle de la Région Occitanie en matière de coordination et d’accompagnement des collectivités face aux défis du changement climatique sur le littoral.
Avec le Plan Littoral 21 qui est la déclinaison régionale du Plan d’adaptation au changement climatique (PACCLO), la Région soutient les territoires dans l’élaboration de stratégies d’adaptation à long terme. Son action repose sur une offre d’ingénierie, d’accompagnement technique et de financement, en complément des initiatives locales. La Région veille également à intégrer ces enjeux dans les politiques d’aménagement, en articulant son action avec les SCoT littoraux, les stratégies locales de gestion du trait de côte et les Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Cette approche vise à construire des territoires littoraux plus résilients face aux effets du changement climatique.

À travers cette journée, la Communauté de communes Terre de Camargue a souhaité rappeler que l’adaptation au changement climatique ne repose ni sur une seule institution ni sur une solution unique.
En conclusion, Thierry Féline a rappelé que « construire un territoire plus résilient passe avant tout par la complémentarité des compétences, la coopération entre les acteurs, le partage des connaissances et une vision de long terme. C’est ensemble que nous pourrons relever ce défi. »